Conscience intéroceptive et défigement neurosensoriel : structures en jeux

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Nos cerveaux.

Notre compréhension de l’intelligence fondée uniquement sur le “ cerveau de la tête ” est en train de voler en éclat, portée par les découvertes qui se succèdent sur le cœur, sur le ventre, sur le microbiote bactérien, sur la peau, sur le tissu fascial et sur le tissu adipeux présenté dernièrement par des chercheurs français comme un cerveau autonome. Pour Stéphane Drouet, il est évident que le cerveau de la tête est, non pas le pilote dans l’avion, mais le serviteur au service de tous nos autres cerveaux. Selon lui, le cerveau reptilien serait au service du corps et du système nerveux, le cerveau limbique serait au service du ventre, le cerveau préfrontal serait au service du cœur et enfin, le cortex serait propre au cerveau de la tête. Le cerveau de la tête est un organe de coordination, non pas de contrôle total. Henri Laborit dit exactement la même chose au chapitre II de son ouvrage Société informationnelle, Idées pour l’autogestion : “ Un système nerveux est en effet situé au faîte des hiérarchies de complexité, mais il “ ne commande pas ” : il se contente d’être un lien de passage entre le milieu et la réaction d’un organisme à ce milieu, entre le “ stimulus ” et la “ réponse ”. Rien ne naît en lui ex nihilo. Tout lui vient de l’extérieur de lui-même, excepté sa structure génétique qu’il ne lui appartient pas de composer ”.

Le nerf vague.

90 % du nerf vague qui relie nos viscères à notre cerveau est sensoriel. À chaque fois que notre corps envoie sensoriellement neuf informations à notre tête, la tête n’envoie qu’une seule information à notre corps. Ce qui fait de nous des êtres profondément sensoriels et non pas mentaux comme nous le croyons encore aujourd’hui pour la grande majorité d’entre nous. Que nous sommes naturellement des êtres instinctuels lorsque nous réapprenons à écouter les messages de notre corps. Pourquoi réapprendre ? Parce que lorsque nous étions tout jeunes, nous avons vécu des expériences sensorielles qui nous ont dépassés, qui nous ont bousculés et que nos parents bienveillants, pour nous aider à dépasser l’insupportable et l’inconnu, nous ont aidé à mettre des mots sur ce qui nous semblait totalement déstabilisant dans le corps. “ Mon chéri, ce n’est pas grave, tu as juste eu peur  ”. D’une expérience qui était infinie bien que déroutante, nous en avons fait un mot : “ peur ”. Nous nous sommes alors peu à peu séparés de nos sensations d’origine, de leur subtilité, pour les résumer par des termes grossiers : nos émotions. Lorsque vous réapprenez à reconnecter votre corps et ses sensations, vous mesurez à quel point l’écart est immense entre nos émotions et nos sensations. Les premières sont grossières, les secondes sont infiniment subtiles et nous ramènent au monde quantique et ses fréquences infinies. Lorsque vous utilisez des sons à fréquences très subtiles, comme l’a démontré le physicien Joël Sternheimer avec ses protéodies, des fréquences sous forme de sons correspondant à l’activation ou à l’inhibition de protéines végétales, vous pouvez activer un processus vital, ou totalement l’inhiber, voire le détruire. Nos sensations retrouvées sont donc à l’image des fréquences du vivant, infiniment subtiles et nous reconnectent à l’infinité des informations de notre histoire de vie, à l’illimité de nos mémoires corporelles inconscientes, qui redeviennent accessibles à mesure que nous descendons en conscience plus profondément dans la matrice sensorielle du tissu nerveux et fascial. Mais, comment restaurer en nous l’accès privilégié à ces informations d’une subtilité infinie ?  En réapprenant à notre conscience à distinguer une plume d’une enclume. Lorsque vous avez l’habitude de porter une enclume, vous distinguerez facilement le poids d’un carton. Lorsque vous avez l’habitude de porter un stylo, vous distinguerez plutôt facilement le poids d’une plume. Lorsque vous avez l’habitude de porter une plume de cygne, vous arrivez à identifier le poids d’une plume de canari. Le chemin des retrouvailles avec nos sensations intérieures se fait à travers cet apprentissage de la subtilité. Nos émotions, quant à elles sont conçues comme des “ shoots ” émotionnels, des coups de fouet, des coups de stress, qui nous donnent le sentiment d’être en vie. À grand renfort d’endorphine, de dopamine, d’adrénaline, de cortisol.

Le nerf vague, relie comme un immense boulevard, notre ventre, notre système nerveux dans le corps, notre cœur et notre tête. C’est le nerf le plus long du corps et le plus large en diamètre également. Du même diamètre que notre moelle épinière environ. Autant dire un énorme câble qui transporte pléthore d’informations. La tête attend donc les informations des autres cerveaux, du bas dirons-nous, pour coordonner l’ensemble et se mettre au service de leurs messages. Et ceci, 90 % du temps. Et en échange, par le flux d’informations vers le bas à 10 %, confirme aux autres cerveaux, notamment le corps, qu’elle a bien compris le message qui lui a été envoyé. Imaginez que votre corps, vos fascias, vos connexions nerveuses de figement vous envoient l’information que les hommes blonds avec des pulls noirs sont dangereux, sachant que vous avez été abusée sexuellement par ce type d’homme tout jeune, votre tête se convainc qu’elle ne se mettra jamais en couple avec ce type d’hommes. Les hommes blonds ne sont pas fiables, ou ne vous attirent pas, direz-vous, tout simplement parce que votre corps vous en a convaincu inconsciemment et qu’il continue à le faire d’ailleurs. Vos sensations vous ont envoyé un message inconscient et vos émotions et croyances se sont construites sur ces bases. Le corps nous pilote à 90 % par le nerf vague et la tête nous confirme qu’elle est d’accord à 10 %. Autant dire que dans ce circuit, nous sommes comme en état d’autohypnose, comme sous auto-influence. Notre corps, par ses figements, par ses tensions, nous raconte une histoire et nous y croyons. À travers cet exemple, vous pouvez réaliser à quel point la psychothérapie qui focalise sur nos pensées et tente de les transformer, par un travail cognitif, ne peut aboutir qu’à une impasse. Le conflit en nous (dit intrapsychique) n’a pas une origine émotionnelle ou mentale, mais sous la forme d’un figement nerveux dans le corps, qui peut se manifester dans notre corps au bout d’un certain laps de temps sous forme de symptômes essentiellement lorsque nos fascias n’assurent plus à cause du figement, le mouvement des tissus. La vie ne peut alors plus s’écouler en nous et nos organes somatisent le “ conflit neurosensoriel ”. Nos pensées ont effectivement une influence sur nos tissus et nos organes, mais seulement comme la conséquence d’un blocage sensoriel et nerveux dans le corps, pas comme son point d’origine.

Le flux d’information de la vie en nous est d’origine corporelle, instinctuelle et sensorielle et nous nous sommes depuis l’enfance éloignées de ce sens de la vie. Pourquoi ? Essentiellement parce que la peur, qui est associée au figement neurosensoriel, nous fait prendre de la distance avec notre corps, qui devient le lieu d’insécurité. La peur est intimement reliée au figement dans notre corps, puisqu’à chaque fois que notre corps se fige, se tend, se bloque, s’immobilise, notre tête assimile cet état à la mort. C’est le couple figement-peur qui est à l’origine de tous nos symptômes dans le corps et le plus difficile à inverser, à démobiliser. C’est ce couple qui fait la rigidité de nos programmes ou mémoires neurologiques d’enfant dans le corps et qui apparaît d’une solidité à toutes épreuves. C’est ce couple qui est à l’origine de toutes nos sensations et émotions d’insécurité dans nos vies. De votre difficulté à trouver de la confiance en vous pour grimper les échelons dans votre entreprise, vous exprimer en public, demander une augmentation salariale, faire votre déclaration d’amour, vous inscrire sur un site de rencontre,dire “ merde ” à vos parents, etc. Nous verrons plus loin, comment faire s’écrouler cette tour apparemment imprenable. Pourquoi imprenable ? Pour la seule raison que le figement ressenti dans notre corps crée de la peur, qui crée à nouveau du figement, qui crée de la peur, qui recrée du figement et ainsi de suite. Un couple inséparable, jusqu’à créer des sillons très profonds dans notre corps, dans lesquels nous sommes passés tellement de fois. La pratique du défigement neurosensoriel peut rebâtir un être humain, changer son environnement relationnel et lui permettre de retrouver santé, vitalité, confiance, sécurité et joie intérieure. Sans parler, de cette capacité à repasser à l’action, avoir de nouveaux projets, avoir de nouvelles envies, avoir le goût de se lever le matin et se sentir profondément utile.

Le flux corps-tête.

Ce qui milite à nouveau dans le sens du flux corps-tête est également corroboré par les travaux du chercheur pionnier dans le domaine de la conscience, Benjamin Libet, qui a découvert que notre corps à une conscience qui lui est propre et qu’il réagit à une information extérieure, un danger par exemple, une demi-seconde avant le cerveau de la tête. La conscience de notre corps est donc indépendante de la conscience de notre cerveau de la tête. En d’autres termes, notre instinct décide avant notre pensée. Comme si notre corps avait une intelligence qui lui est propre et que la tête suit ce premier mouvement, sans le décider. Comme quoi nous avons divers degrés de conscience selon que nous percevons avec la tête, avec le corps, avec le cœur et avec le ventre. Selon ces strates de conscience, la nature des informations n’est pas la même selon que l’on perçoit avec l’intuition du cœur ou avec l’instinct du corps. Comment les distinguer ? Avec la pratique, surtout en pratiquant le défigement neurosensoriel, il devient assez limpide d’identifier par exemple, des différences de chaleur subtiles dans le corps entre l’instinct et l’intuition.

Les expériences du célèbre neurologue Antonio Damasio sont également éloquentes et confortent ce paradigme selon lequel le corps à une intelligence qui lui est propre, indépendamment de la tête. Damasio relate des cas cliniques de patients atteints de dégénérescence au niveau du cortex cognitif et du cerveau limbique émotionnel de la tête, mais pourtant capables de décider d’aller vers un être humain ou de fuir un autre, uniquement à traves l’instinct du tronc cérébral qui pilote le corps et notre système nerveux. Nous pouvons effectivement décider de nos relations en faisant confiance à notre instinct animal et corporel, en écoutant les messages de notre tronc cérébral et des milliards de capteurs intéroceptifs qui tapissent nos viscères, nos muscles, nos fascias, nos vaisseaux sanguins.

Le développement de l’embryon conforte l’idée que notre intelligence corporelle et sensorielle est en amont de nos autres intelligences. Les études en neurosciences de l’enfant mettent en évidence que nos structures cognitives et émotionnelles se développent bien après nos structures sensorielles et instinctuelles. Ainsi, le tronc cérébral est la première zone neurologique à être opérationnelle au terme de la cinquième semaine de grossesse, permettant à l’enfant via le mouvement dans l’eau d’être en lien avec sa mère. À chaque mouvement de sa mère, l’enfant reçoit une impulsion nerveuse et sensorielle dans son tronc cérébral. Via un effet de piston, au bout de la moelle épinière, dans la zone du tronc cérébral, appelé formation réticulaire, ces impulsions vont créer les futurs chemins neurologiques du cortex. Ainsi, le cerveau le cerveau mental et émotionnel de l’enfant se développe en amont via ces mouvements sensoriels in utéro. À l’opposé, les structures corticales qui nous permettent de penser, à travers les deux hémisphères cérébraux, ne sont formées qu’au terme du quatrième mois de grossesse. Les émotions ne vont vraiment pouvoir apparaître qu’au terme de la formation de son organe principal, l’amygdale cérébelleuse, au centre de la tête, au huitième mois de grossesse. Comme quoi nos pensées et nos émotions sont dans le processus d’évolution de l’humain, postérieures à notre intelligence sensorielle. Le cœur étant opérationnel à compter de la cinquième semaine de grossesse, il semble que nos deux intelligences instinctuelle et intuitive soient apparues dans la même période de développement embryonnaire.

Notre potentiel sensoriel.

Lorsque Stéphane Drouet évoque notre potentiel sensoriel, il fait référence aux milliards de capteurs intéroceptifs qui tapissent nos tissus et nous permettent de ressentir intérieurement le chaud, le froid, la douleur, les tremblements, les picotements, les frémissements, le resserrement même infime de nos vaisseaux sanguins et les tensions musculaires à l’approche d’un danger inconscient. Ces capteurs ont été listés selon leur nature par les chercheurs. Les capteurs sensoriels intéroceptifs peuvent être classés ainsi selon le type de stimulus auxquels ils répondent :

Les chimiorécepteurs répondent aux stimuli chimiques (goût, odorat, variations d’O2 et de CO2 dans le milieu intérieur ;

Les mécanorécepteurs répondent aux déformations mécaniques ;

Les thermorécepteurs répondent aux variations de température ;

Les photorécepteurs répondent aux changements de luminosité ;

Les barorécepteurs répondent à la pression (pression artérielle) ;

Les osmorécepteurs répondent à l’osmolarité d’un fluide (quantité de matière dans un fluide) ;

Les propriorécepteurs fournissent le sens de la position, indispensable pour l’équilibre statique (gravité terrestre) et évaluer la position réciproque de chaque segment du corps ;

Les nocicepteurs répondent à la sensation de douleur.

Nous sommes également en permanence parcourus par des messages inconscients à l’intérieur de notre organisme, en lien avec les informations que notre corps perçoit dans l’invisible à travers la captation de particules photoniques porteuses d’informations. Vous êtes assis dans le métro à côté d’un parfait inconnu et pourtant vous vous sentez mal à l’aise, sans savoir pourquoi. Votre corps a échangé de l’information avec le corps de cet étranger et vos vaisseaux sanguins se resserrent, vous indiquant un danger potentiel, alors que vous ne vous êtes jamais vus et que votre voisin ne vous témoigne aucune animosité. Mais pourtant vous n’avez qu’une envie : vous en éloigner au plus vite sans savoir pourquoi.

Les dernières études en neuroscience nous confirment que notre activité neurologique est essentiellement intérieur et peu en lien avec l’extérieur. Les travaux du neurologue colombien Rodolfo Llinas, nous ont appris que le flux d’information dans la tête va à 90 % vers la rétine et de 10 % de la rétine vers le cerveau. Alors que nous étions convaincus que nous étions des êtres de liens sensoriels extérieurs, à travers nos cinq sens, les études nous apprennent que notre activité journalière et diurne est plutôt tournée vers l’intéroception, vers les sens intérieurs, vers la sensorialité intérieure. Ce qui conforte les paradigmes quantiques selon lesquels notre univers est holographique, comme un miroir de nous-mêmes et que la réalité extérieure est une projection de nos constructions sensorielles, émotionnelles et mentales intérieures. En conséquence, tout le travail de révélation à nous-mêmes va consister selon Stéphane Drouet, a libérer ses mémoires de peur cristallisées dans le corps depuis notre enfance, sous forme de fascias figés, qui régulent l’activité de nos organes et notre système nerveux associé. Ce travail va demander un effort certain, car comme le partage Emeran Mayer, spécialiste du cerveau du ventre, nous ne sommes conscients en moyenne que de très peu de sensations au niveau du corps, à part nos douleurs : “ Plus de 90 % des informations sensorielles recueillies par votre intestin n’arrivent jamais à la conscience ”. Par la pratique journalière du défigement neurosensoriel et corporel, ce pourcentage évolue et nous retrouvons peu à peu ce lien naturel avec notre instinct, qui doit nous aider à faire nos choix au quotidien. En écoutant nos viscères.

Dans la culture occidentale, nous faisons encore trop l’amalgame entre nos émotions et nos sensations corporelles. Le chaud, le froid, les frémissements, les picotements, les tremblements, les douleurs, sont le propre de nos sensations corporelles, alors que nos pensées sont du registre de la tête. Entre le corps et la tête, nous trouvons les émotions. La colère par exemple, est à la fois un état dans le corps et dans la tête. La notion de traitement de l’information hiérarchique de Wilber classe l’échelle évolutive et fonctionnelle sur trois niveaux d’expérience organisationnelle : le cognitif, l’affectif et les niveaux sensorimoteurs. Chacun des trois niveaux, voire quatre avec l’intuition du cœur, a sa propre compréhension de l’environnement et réagit en conséquence. Mais l’information est d’abord captée par le cœur et le corps, puis par les émotions, puis par les pensées. Dans ce traitement hiérarchique de l’information intérieure, nos sensations corporelles déterminent nos émotions, qui déterminent nos pensées. Vous vivez cette expérience où votre sœur ou votre frère reçoit plus que vous pour son anniversaire, selon vous. Aussitôt votre corps ressent une tension dans certains viscères, certains muscles, certains fascias, voire se fige, générant une sensation d’insécurité intérieure, une sensation d’impuissance et de frustration, générant de la colère, de la tristesse et un sentiment d’injustice, créant une croyance : “ Le monde est injuste ”. Plus tard, dans votre vie, vous allez peut-être focaliser sur des scènes d’injustice, à la télévision, dans les journaux, dans la rue, dans votre couple, au travail et tout votre quotidien est rempli d’injustice vous convainquant que le monde est injuste. Vous êtes alors totalement sous l’emprise de votre corps et de ses sensations, vous pouvez méditer, respirer au quotidien, la charge émotionnelle va s’alléger grâce à votre cerveau préfrontal, mais rien ne pourra contrecarrer les messages du corps, qui sont bien plus puissants que votre tête. À l’âge de 10 ans, vous avez vécu une expérience où vous étiez en danger et que vous appeliez votre père à la rescousse, mais il n’était pas là. Alors votre corps engramme la croyance que vous ne pouvez pas faire confiance aux hommes. Alors vous rencontrez, bien sûr ce type d’homme, pour vous permettre d’en prendre conscience et de vous libérer dans votre corps. Dans cet espace d’informations stratifiées dans votre monde intérieur, votre corps et votre tête sont dissociés et votre vie est un chaos. Vous ne construisez rien, car vous êtes branché sur le passé via votre corps, qui fait machine arrière et votre tête ne veut pas l’entendre et se branche sur un futur avec un homme. Votre vie s’immobilise et fait du surplace.

Toutes nos expériences d’enfant influencent notre posture, la structure et les mouvements du corps, en majorité inconscients. Si une valeur telle que la réussite ou l’accomplissement est découragée très tôt par l’environnement familial, l’enfant pourra voir un torse rentré, des bras flasques et une respiration lente. À l’inverse, si l’action est priorisée dans le milieu familial, la musculature de l’enfant sera probablement tonique et tendue. À partir de cet instant, ces postures et ces structures corporelles influenceront inconsciemment à vie le devenir de l’enfant, dans sa gestion émotionnelle et mentale. Toutes nos sensations corporelles ont une influence inconsciente majeure au quotidien sur notre façon de réagir face à l’environnement. Des papillonnements au niveau de l’estomac nous informent que nous sommes ravis, une sensation de lourdeur dans la poitrine exprime une tristesse, une crispation de la mâchoire nous informe que nous sommes en colère, une sensation de picotement généralisé nous indique une peur. Peut-être imaginez-vous encore aujourd’hui que vous décidez de votre vie ? En réalité très peu, puisque les récentes études en neurosciences, nous indiquent que nos structures neurologiques fonctionnent à 99 % selon un mode inconscient. Et qu’est-ce qui est plus inconscient que notre corps ?  

Système nerveux autonome.

Nous avons en nous une intelligence inconsciente qui nous permet de nous adapter à l’environnement, digérer, respirer, faire battre notre cœur, ajuster notre température, sans avoir à y réfléchir. Cette intelligence, c’est notre système nerveux autonome. Ce qui était établi par la science jusqu’à présent, c’est que ce système nerveux autonome comprend deux branches majeures : l’une qui est associée à l’action (le système orthosympathique) et l’autre au repos et à la récupération (le système parasympathique). Ce qui correspond aux deux rythmes de nos cellules et de la vie, qui se construisent et se déconstruisent en permanence. En fait, nous pensions avoir deux rythmes intérieurs dans notre corps jusqu’à présent et pourtant il semble qu’il n’en est rien. Il en est de même de la croyance que lorsque nos deux systèmes nerveux fonctionnent ensemble, en laissant de la place chacun à l’autre, notre cœur peut s’équilibrer dans son rythme et manifester ce qu’on appelle de la cohérence. Quel est l’enjeu ? Un cœur cohérent dans son rythme peut :

Transmettre dans son double battement un message intelligent invisible composé de toutes les fréquences originelles des organes, qui en se reconnaissant par bio-résonnance, voit se mettre à jouer le rôle qui est le leur. Si une émotion récurrente inconfortable vient perturber l’équilibre des systèmes nerveux et la cohérence la fréquence correspondante n’est plus émise par le battement du cœur et l’organe ne peut plus fonctionner de manière optimale. La colère aura un impact sur la fréquence du foie, la tristesse sur celle des poumons par exemple ;

Transmettre un message différent à l’extérieur de nous dans l’invisible à ceux qui nous entourent, suivant l’écart entre ses battements : courage, patience, empathie, compassion, gratitude, amour, qui sont typiquement des messages du cœur ;

Permettre à nos idées d’être plus claires, nos choix d’être plus inspirés, puisqu’un cœur cohérent va transmettre sa cohérence à notre tête et notre ventre ;

Faciliter la gestion de nos émotions et notre stress, en prenant plus de hauteur par rapport aux situations qui parfois nous submergent :

Transmettre à distance dans l’invisible notre cohérence à notre entourage et leur permettre de vivre plus paisiblement et ceci à faible ou à longue distance. Nous nous influençons tous à distance dans notre bien-être ou à l’inverse dans notre moindre bien-être ;

Reconnaître parmi les êtres qui viennent à nous, ceux qui nous ressemblent. Le cœur nous informe que l’autre nous ressemble, alors nous entrons en relation ;

Pardonner et nous réconcilier avec notre entourage, car un cœur cohérent est un cœur neutre et peut accéder à des perceptions au-delà de notre cerveau binaire, bien ou mal, pour voir avec notre cœur ce qui nous avait échappé dans la motivation inconsciente de nos parents à faire comment ils ont faits ;

Nous dépasser dans les défis de notre vie, car un cœur cohérent est un cœur résilient. Parce que son rythme est régulièrement irrégulier, il est chaotique, un peu avant la seconde, un peu après la seconde chaque seconde, ce qui fait notre capacité à nous adapter aux aléas et nos challenges quotidiens sans perte d’énergie, sans épuisement ;

Nous permettre de capter les fréquences de santé portées par le champ magnétique terrestre. Un cœur neutre qui émet sur des fréquences hautes entre 0,15 Hz et 0,5 Hz, est un cœur qui, piloté par le nerf vague ventral, entre en résonnance avec les fréquences moyennes du champ magnétique terrestre autour de 0,15 Hz. Ce champ magnétique terrestre, selon certains physiciens, porte en lui les informations de santé optimale du métabolisme de base de nos cellules. À l’inverse, en émettant en fréquences basses entre 0,04 Hz et 0, 15 Hz, le cœur ne peut capter les informations vitales transmises par le champ magnétique terrestre. Nous nous écartons alors de la vie.

La cohérence cardiaque, aujourd’hui de plus en plus répandu dans les pratiques, qui se bonifie via des exercices de respiration dans le cœur, est selon Stéphane Drouet à relativiser. Car si lorsque vous respirez dans le cœur plusieurs fois par jour, vous vous sentez en cohérence, mais rien n’indique que vous l’êtes le restant de la journée. Et c’est justement dans votre vie quotidienne que vous en aurez besoin et pas juste cinq minutes par jour. Pourquoi ? Parce que si vos fascias figés mettent “ au pouvoir ” votre nerf vague dorsal (le système nerveux qui vous fige), alors votre nerf vague ventral (qui vous met en cohérence) manquera de tonus et vous serez le plus souvent dans un sentiment de danger plus ou moins permanent face à votre environnement. En d’autres termes, une cohérence cardiaque pratiquée chaque jour en respiration, combinée à des fascias plutôt figés, sera une cohérence cardiaque toute relative.

Trois systèmes nerveux.

Le battement du cœur est prévu pour fonctionner naturellement à 120 battements par minute, si notre système orthosympathique est aux commandes dans notre vie. Celui qui est très souvent sollicité lorsque nous sommes dans la réaction face aux aléas de notre environnement et que nous sommes en état de stress. Toutefois nous avons deux nerfs qui nous permettent de moduler cette activité du cœur et ainsi, nous permettre d’exprimer la pleine puissance du cœur quantique, qui émet un champ magnétique 5000 fois plus puissant que celui de la tête, pour créer notre vie. L’alternance fluide entre les deux systèmes nerveux nous permettait, jusqu’à présent, d’ouvrir notre cœur au monde, d’être en bonne santé et de communiquer de manière inconsciente avec notre entourage, mais qu’en est-il vraiment ? Tout d’abord un être qui passe son temps dans le stress, vivra en mode orthosympathique dominant, désynchronisant son système hormonal, immunitaire, digestif et glandulaire. Dans le cas contraire, un autre vivant dans la dépression, vivra en mode parasympathique dominant, avec un effet de baisse d’énergie au quotidien et un manque d’enthousiasme et de motivation notoire. Mais, certaines recherches remettent en question tout ce beau montage scientifique.

Le chercheur en neurologie Stephen Porges, nous a appris que nous n’avons pas un nerf vague, mais deux. Un que nous connaissons, qui passe par le ventre et fait se rejoindre nos différents cerveaux (ventre, cœur, tête) et un second,de la même taille, longeant notre colonne vertébrale. Ils se rejoignent au niveau du tronc cérébral. Et alors qu’est-ce que cela change pour nous ? Eh bien que notre système parasympathique qui permet de nous reposer, de reprendre des forces est intiment lié au fonctionnement de nos deux nerfs vagues. Stephen Porges nous révèle également que les systèmes nerveux ne doivent pas être perçus en termes d’équilibre mais en termes de hiérarchie de réponse.

Nous avons en nous toute l’histoire de l’humanité et de ses systèmes nerveux. Le système le plus ancien est associé au système nerveux du poisson d’où nous sommes issus, c’est le système parasympathique non myélinisé qualifié de lent. Parce qu’il ralentit énormément la vitesse de l’information nerveuse en nous, associé au nerf vague dorsal et fige nos viscères, nos fascias, nos muscles, nos vaisseaux sanguins. Il est quasiment inconnu dans le monde thérapeutique et pourtant il est essentiel pour comprendre pourquoi au quotidien, nous sommes souvent sans solutions, incapables de décider pour nous, de parler, de nous exprimer, de respirer parfois. Il ralentit tellement notre métabolisme que nos tissus nerveux et fascias en sont à manquer d’oxygène et de sang. Notre cœur bat alors, dans ses situations de figement, au minimum pour assurer l’essentiel. Nous sommes en survie, incapables de faire autre chose que de subir la situation et en même temps notre corps produit des opioïdes afin d’éviter de souffrir dans cette situation. Il garantit notre métabolisme face à une perception du danger extérieur, nous consommons un minimum d’énergie et nous nous préparons à subir en souffrant le moins possible. Il est prévu pour intervenir quelques heures, voire quelques jours mais pas une vie entière. Ce qui peut créer de graves dysfonctionnements dans notre organisme au bout d’un certain temps quand nos tissus ne sont plus en mouvement et plus en vie. Vous êtes alors comme un mort-vivant à l’intérieur. Pour avoir mesuré la cohérence cardiaque de certains êtres ainsi figés, morts-vivants, elle oscille entre 1 et 5 %. Nous nous sortons de cet état, comme le disent certains spécialistes, par le tremblement. Un être qui tremble de tout son corps, suite à un traumatisme, est en train de se libérer et de se défiger, laissez-le trembler. Vous pourrez constater souvent chez les chiens, les chevaux, des tremblements au niveau de la peau, suite à un instant de stress.

Le second système nerveux à s’être développé est celui des reptiles, que nous appelons orthosympathique. Il est connu comme le système de passage à l’action. Quand vous prenez une décision, vous êtes en plein travail, vous faites face à un danger imminent, dans la fuite ou le combat, vous vous emportez dans vos émotions de rage et de colère, vous êtes sous l’effet du système orthosympathique. Il a des ramifications nerveuses au centre de la moelle épinière. Il ne peut réellement se déclencher de manière optimale que si le précédent système parasympathique lent, est désactivé. Autrement dit, tant que votre énergie nerveuse est bloquée dans des fascias ou des tissus depuis l’enfance, vous aurez du mal à passer à l’action dans votre vie, vous aurez tendance à procrastiner, à remettre au lendemain. Lorsque nous faisons face à une situation jugée dangereuse, inconfortable, nous nous apprêtons à réagir en mettant notre corps en mouvement, le système orthosympathique libère alors une énergie considérable pour réagir de manière adaptée et nous mettre en sécurité. Si ce mouvement est entravé, sans possibilité de fuite ou de lutte, donc en situation d’inhibition de l’action, c’est l’énergie d’une bombe atomique qui est alors bloquée dans votre système nerveux et qui se libèrera peut-être des années après, lors de la retraite, au moment d’un burn-out, pendant les vacances lorsque votre système nerveux se met au repos. Parfois sous forme d’une grippe, d’une bronchite, d’une gastro-entérite, d’un ulcère d’estomac mais aussi sous la forme d’un cancer si cette énergie nerveuse est restée bloquée trop longtemps en vous dans vos tissus. Vous avez 4 ans et papa vient d’apprendre que vous avez fait tomber le téléviseur neuf qui s’est fracassé. Il se pointe devant la porte d’entrée de votre chambre, il est blanc de rage, la bouche de travers et il lève la main pour vous frapper, vous n’avez aucune autre issue, vous ne pouvez ni fuir ni combattre, alors vous allez vous figer. Et tous les organes, fascias et muscles qui vont se figer dans cet instant, le resteront peut-être toute votre vie. Jusqu’au moment, où vous en aurez marre de rencontre des hommes violents, des responsables harceleurs et que vous viendrez d’apprendre votre cancer de l’estomac. Alors vous déciderez peut-être de vous défiger de cette histoire du passé. Ce système nerveux a pour but de nous aider à faire autrement que ce que nous avons vécu à l’époque, car nous ne sommes plus ce petit être figé par la peur, nous pouvons décider de nous affirmer, de dire à haute voix “ Non ” et “ Ça suffit ”, de dire que nous sommes en rage et en colère et ainsi de reprendre notre vie en main.

Le troisième système nerveux est celui des mammifères, celui des animaux qui protègent leur progéniture à la naissance, contrairement aux reptiles. C’est le système parasympathique rapide. Il est piloté par le nerf vague central et est myélisé, donc la propagation de son information va bien au-delà du nerf qui passe dans notre dos. C’est ce système nerveux qui est priorisé dans notre quotidien, car c’est celui de l’engagement social. Il nous permet de vivre en bonne intelligence en clan, d’appeler à l’aide lorsque nous demandons du soutien dans l’adversité, de négocier une trêve avec nos “ bourreaux ”, de pardonner, de nous réconcilier, d’ouvrir notre cœur à de nouveaux lendemains, d’être confiants dans l’avenir. Il ne peut s’ouvrir que si les deux précédents systèmes ont été activée, que nous sommes défigés, puisque nous avons exprimé notre colère, notre rage, notre tristesse à l’autre et que nous décidons enfin de nous réconcilier. C’est celui qui nous permet de digérer, de nous reposer, de nous sentir en sécurité, qui nous donne envie de créer du lien avec les autres, de sortir, de rencontrer du monde, d’être utiles aux autres, d’avoir confiance en nous, en l’autre.

Imaginez la scène suivante : vous êtes dans une rue sombre et vous sentez une présence menaçante dans votre dos, vous vous retournez et vous découvrez un homme qui vous menace avec son couteau. Vous tentez d’abord avec votre système nerveux parasympathique rapide prioritaire de ramener à la raison votre assaillant, puis vous réalisez que rien n’y fait, avec le même système nerveux vous appelez à l’aide, mais personne n’accourt, alors vous vous défendez, vous donnez des coups de pied et des coups de poing grâce à votre système nerveux orthosympathique, puis vous fuyez avec le même système nerveux à travers les rues désertes. Enfin, quand vous êtes arrivé dans une impasse, votre agresseur vous plaque au mur et vous vous figez, pétrifié de peur via le système parasympathique lent.

Vous constatez ici que notre cohérence cardiaque n’est plus associée à l’équilibre de nos deux systèmes nerveux, mais plutôt à la disponibilité des deux systèmes nerveux les plus récents, orthosympathique et parasympathique rapide, en fonction de notre faculté à défiger notre système parasympathique lent. Autrement dit, respirer en cohérence cardiaque chaque jour aura une efficacité avéré que si vous vous autorisez à défiger les situations traumatisantes du passé. Votre cœur et votre corps seront en bonne santé si vous vous autorisez à libérer les mémoires du passé. Ce qui demande courage, patience et participation en conscience activement au processus de libération dans le corps. 

Ces trois systèmes nerveux qui sont les trois étapes majeures de l’évolution de l’humanité sont également les trois étapes de transformation d’un individu. C’est pourquoi elles représentent les trois étapes du processus PEACE : se libérer d’abord, s’affirmer et se respecter ensuite, enfin se réconcilier avec l’autre. C’est pourquoi Stéphane Drouet a appelé ce processus : Processus Empathique d’Abandon Corporel et Émotionnel, que vous pourrez pratiquer au quotidien.

Les fascias.

Stéphane Drouet présente les résultats des dernières recherches sur les fascias, parce qu’ils permettent de mieux saisir la dimension du figement et du défigement neurosensoriel. Les fascias sont ces membranes faites de fibres, d’eau et de collagène qui entourent nos organes et les relie tous entre eux, puisqu’ils sont partout dans notre organisme comme une membrane de communication entre nos organes. Ils sont de couleur blanche et sont composés de cellules appelés fibroblastes. On peut les considérés comme les grands artisans de notre bien-être sensoriel. Retenez les diverses informations majeures qui suivent, en faisant le lien avec le figement corporel.

Ces membranes épousent nos mouvements et sont elles-mêmes en mouvement, en fonction de notre activité physique, de notre niveau de stress et de nos traumatismes d’enfant, car elles en gardent la mémoire. Le résultat net en est que lorsqu’elles ne sont plus en mouvement, elles se figent, produisent plus de collagène rigide, conservent moins d’eau et créent des douleurs dans nos muscles et nos organes, par manque de plasticité, car comme le sont nos neurones, les fascias sont plastiques et peuvent se transformer, en générant plus ou moins de mouvement suivant vos étirements, votre activité physique, des séances de massage ou d’acupuncture, etc.

Ces membranes sont innervées de conductions nerveuses, mode orthosympathique pour répondre en mouvement au danger, mode parasympathique rapide pour nous relâcher et nous reposer, mode parasympathique lent pour nous figer. Les fascias sont à l’origine, selon Stéphane Drouet, de tous nos figements dans le corps, suivant les connexions nerveuses qui sont activées dans son tissu. Les récepteurs fasciaux associés à ces trois systèmes nerveux sont les récepteurs de Golgi (parasympathique lent), Pacini (orthosysmpathique) et Ruffini (parasympathique rapide). Un fascia qui manque de mouvement devient rigide, puis lentement se durcit, créant à terme des symptômes douloureux. Car l’information de vie ne peut plus alimenter nos fascias ni nos organes associés. Ils se durcissent suivant nos perceptions du moment, comme une répétition de perceptions du passé. Mais comme les fascias sont une membrane reliant tout, un relâchement dans la jambe peut avoir un impact au-delà de la jambe. Ce qui permet d’éclairer en quoi le figement peut avoir des effets dans tout le corps, par transmissions fasciales.

Lors du PEACE, quand nous nous concentrons sur une situation difficile du passé et nous nous y abandonnons, notre conscience en se focalisant sur le relâchement profond associé à une mémoire traumatique fait se relâcher les fascias, re-circuler l’eau dans les fascias et active la production du collagène. Un résultat proche peut-être atteint, mais passif cette fois, par un massage profond, par l’acupuncture et par fasciathérapie. Toutefois, comme l’acte est passif, il n’est pas toujours concluant, car le système orthosympathique qui nous libère totalement – la phase 2 du PEACE – n’est aucunement activé. Le défigement est alors partiel. Voilà pourquoi la plasticité fasciale est indissociable de la plasticité neurologique de nos cerveaux. Ensuite, ces informations de relâchement, d’action ou de figement sont portées vers nos organes qui vont somatisés.

Dawson Church, professeur et chercheur en épigénétique, évoque le caractère piézoélectrique des tissus conjonctifs, tels que les fascias. Ces tissus conjonctifs qui sont constitués de cristaux, dans le mouvement des fascias, se frottent les uns contre les autres et créent du courant électrique, de l’influx nerveux, qui redonne vie aux tissu et de la vitalité dans notre vie : la piézoélectricité. Comme deux silex que l’on frotte l’un contre l’autre. Dawson Church résume ce processus ainsi : “ Vos organes sont enveloppés dans des gaines de tissu conjonctif appelé fascia. Ils sont constitués de rangs parallèles hautement réguliers de molécules que l’on appelle des cristaux. Chaque organe de votre corps est enveloppé dans le plus grand organe du corps, qui fonctionne comme un semi-conducteur à cristaux liquides. Une autre propriété du tissu conjonctif est de produire de l’électricité lorsqu’il est comprimé. La constituante piézoélectrique d’un tendon sec, par exemple, est presque la même que celle d’un cristal de quartz ”. De surcroît, toute structure cristalline entre en résonnance avec les ondes, est émettrice et réceptrice d’énergie et d’informations. C’est probablement à travers nos fascias cristallins que nos corps se parlent à distance dans l’invisible et échangent des ondes et de l’information. De l’information qui nous rappelle nos relations avec papa-maman, générant sécurité et/ou insécurité. Jusqu’à parfois nous stresser et crisper nos fascias, envoyant à notre tête par les nerfs vagues qu’il y a danger proche : l’instinct.

Également, lorsque vous entrez dans le processus de défigement, votre conscience focalise sur le détachement et les ondes qu’elle émet se concentre sur votre corps et donc ses fascias et remet en mouvement, par relâchement, abandon dans le corps, ces structures cristallines qui recréent de la vie, des picotements, des frémissements, des tremblements, du chaude, du froid, par frottement. Le résultat est comme un massage vibratoire qui recrée de la vie en vous à travers le mouvement des fascias, entraîne le mouvement à nouveau dans vos viscères, vos muscles, libère les anciennes tensions et redonne vie à vos organes en survie. On peut donc s’auto-masser les fascias et le corps par une conscience focalisée sur le détachement et le relâchement du corps face à une situation traumatisante du passé qui se rejoue dans le présent. Se relâcher profondément par la conscience dans le tissu, s’abandonner de plus en plus profondément dans le tissu fascial et nerveux, c’est accéder à des couches d’informations de notre mémoire d’enfant de plus en plus profondes, c’est libérer ces mémoires, c’est l’équivalent d’un massage très profond des fascias. Lorsque vous travaillez en défigement neurosensoriel, vos fascias se dilatent et se détendent, libérant l’information du passé qu’ils stockaient en eux. Mais un autre phénomène se produit : en se libérant, les fascias constitués de tissus nerveux libèrent aussi leurs toxines, qui se remettent en circulation, pouvant générer des vagues émotionnelles en vous. Si vos organes chargés d’éliminer vos toxines, vos émonctoires, sont en bonne santé, les vagues se résorberont au plus vite ; dans le cas contraire, occupez-vous de votre foie, de vos reins, de votre intestin, par des traitements aux plantes appropriées, aux bonnes saisons préconisées par la médecine chinoise.

Enfin, Stéphane Drouet précise que plus un système nerveux est mis en échec dans son déclenchement très tôt dans l’enfance, moins il sera sollicité, moins il deviendra disponible. En d’autres termes, ce qui n’est pas utilisé s’atrophie et dégénère. Si vous n’avez pas pu activer tout jeune votre système d’engagement social, en créant du lien avec vos parents, du sentiment de sécurité, de protection, de confiance à leur contact, ce système nerveux est plus difficilement accessible aujourd’hui. Pardonner et se réconcilier avec votre entourage sera plus difficilement accessible, sauf à rentrer dans le processus de défigement neurosensoriel. Également, si votre système nerveux de passage à l’action a été rarement sollicité, du fait d’une autorité et emprise forte de vos parents sur vous, vous aurez du mal à vous réaliser dans cette vie et à réaliser vos projets. Les enfants ayant vécu dans la peur et la terreur permanente sont souvent dans ce cas de figure.  

Ces explications sur le fonctionnement de votre être, vous permettent, nous l’espérons, de regarder votre corps autrement et de réaliser l’importance de cette approche préventive et curative qu’est PEACE.

Lire la suite : Conscience intéroceptive et défigement neurosensoriel : circuit sensation-émotion-cognition.  


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